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HEIG-VD | 08 déc. 2016

La précision centimétrique des glissements de terrain

La précision centimétrique des glissements de terrain
Juillet 1994, un gigantesque glissement de terrain détruit le village de Falli-Hölli. Plus récemment, c’est le glissement de terrain près du glacier d’Aletsch qui inquiète le Valais. En prévention, les sentiers pédestres de la région ont été fermés. Afin de répondre à cette problématique, la HEIG-VD développe un système de suivi de mouvement de terrain par GPS, d’une précision centimétrique.

27 juillet 1994, cette date restera gravée à jamais dans la mémoire des habitant-e-s de la petite station de vacances de Falli-Hölli. Au-delà de la stupeur et des dégâts causés, c’est le glissement de terrain le plus rapide observé en Suisse, se déplaçant jusqu’à 6 mètres par jour.

Quant à la masse de terre et de roches de 200 millions de mètres cubes qui s’est mise en mouvement à Riederalp (VS) sur la rive gauche du glacier d'Aletsch, on sait qu’elle atteint 70 centimètres par jour. Les autorités valaisannes ont annoncés que la zone concernée qui s’étend sur un kilomètre carré est surveillée en permanence. Rien de très alarmant mais des éboulements ponctuels peuvent survenir à tout moment, d’où pourquoi certains sentiers ont été fermés(1).

Face à ce danger naturel menaçant parfois les habitations les plus proches, la HEIG-VD a développé un système de suivi de mouvement de terrain fonctionnant par réseau de modules GNSS différentiels. Ce projet, appelé Geomon, implique les compétences des instituts de Systèmes d’Information Embarqués (SIM) et de Gestion de l’environnement, Construction et surveillance d’ouvrages (G2C) de la HEIG-VD. Outre sa particularité d’avoir été conçu avec des composants à faible coût, le dispositif facile d’installation offre une précision centimétrique idéale pour la surveillance de mouvements de terrains.

Le projet n’en est déjà plus au stade de prototype et a même déjà fait ses preuves. Le système est aujourd’hui mis en œuvre en Suisse, par l’Office Fédéral de l’environnement (OFEV) et deux bureaux de géomètre, mais aussi en France, par les universités de Strasbourg, Nice, Grenoble, sans parler des institutions françaises telles que l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS) et le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM).

Pour la suite, ce système, développé à la HEIG-VD avec la start-up Infrasurvey à Neuchâtel, va être installé tout d’abord en Martinique, puis au Costa Rica dans le cadre d’une surveillance volcanologique.

Contact :

Michel Demierre
Ingénieur Institut SIM
michel.demierre@heig-vd.ch

(1) Tribune de Genève, 27.09.2016

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