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HEIG-VD | 15 mars 2017

Succès pour le 1er débat de l’institut insit, anciennement G2C, autour des enjeux territoriaux

Succès pour le 1er débat de l’institut insit, anciennement G2C, autour des enjeux territoriaux
Le jeudi 2 mars, une centaine d’étudiants, chercheurs, élus, ingénieurs, urbanistes, géomaticiens ou représentants des secteurs publics ou privés ont participé au débat organisé par l’institut d’ingénierie du territoire, sur les défis posés par la transformation toujours plus rapide des territoires helvétiques. Ce fut l’occasion pour l’institut de se présenter sous son nouveau nom, résultant d’un élargissement et d’une réorganisation de ses activités.

Débrief du débat par nos invités de marque

Animé par M. Laurent Bonnard, journaliste retraité de la RTS, le débat s’est tenu avec la participation de trois invités de marque. Mme Corinne Larrue, Directrice de l’Ecole d’urbanisme de Paris, a tout d’abord souligné que les défis posés par l’évolution du territoire suisse sont en partie les mêmes que ceux qui se posent aux territoires des pays voisins. En suisse comme ailleurs, les technologies modifient les modes de vie, accentuent les compétitions et parfois aussi la mise à l’écart de populations ou de régions. Toutefois, l’intensité de ces phénomènes est ici parfois différente, notamment en raison de plus fortes proximités spatiales. Elle a ensuite mis en évidence quelques spécificités et en particulier celui du manque de sol qui met au premier plan les enjeux de gestion foncière. De plus, en raison aussi de sa petite taille, le territoire Suisse est toujours relativement proche d’une frontière ce qui impose une coordination, qui reste souvent encore à inventer, avec les territoires voisins.

M. Alain Buogo, Vice-directeur de Swisstopo, a quant à lui mis l’accent sur le fait que bien que nous disposions aujourd’hui d’une quantité inouïe de données pour décrire ce territoire, celles-ci ne semblent pas suffire à répondre au besoin des décideurs. En particulier, le rythme s’étant accéléré, il s’agirait de suivre en continu les conditions de circulation, la santé des rivières, la vitalité économique des régions, etc. Mais comment les acteurs publics pourraient-ils répondre à cette exigence sans renoncer aux respects des normes de qualité qui sont pourtant au cœur de leur mission ? A l’inverse, des entreprises privées disposent déjà aujourd’hui de sources de données permettant de suivre en direct les modifications, même éphémères du territoire, mais quelle est la qualité de cette donnée ? Et sous quelles conditions sera-elle mise à disposition ?

M. Olivier Français, Conseiller aux Etats et ancien municipal de la Ville de Lausanne a proposé une réflexion sur la nécessité de répondre au défi de la transformation du territoire helvétique par la réalisation de projets ambitieux, et parfois audacieux. Or, il y aurait une importante difficulté à porter politiquement des projets de cette nature, notamment en raison des incertitudes qui y sont associées. Incertitudes que les acteurs politiques redouteraient particulièrement. Il a aussi invité les chercheurs à développer leurs recherches dans le thème de ce que nous appelons aujourd’hui la « deep city », soit la prise en compte de tous les enjeux liés au développement de la ville en sous-sol, pour accueillir des activités, circuler, stocker des produits ou des voitures, mais aussi puiser de l’énergie ou de l’eau.

Le mot clef, commun à ces trois interventions, a certainement été celui de l’anticipation. En effet, le rythme des modifications du territoire s’est accéléré ces dernières années, mais celui de la production des données encore d’avantage. Il y a donc la possibilité de générer un espace-temps permettant d’anticiper les changements à venir et les décisions à prendre. Mais quel usage saurons-nous faire de ce temps libéré pour l’analyse et la réflexion ? Saurons-nous l’utiliser pour éviter les pièges des fausses bonnes solutions ? Ou celui d’une gestion uniquement réactive ?

Beaucoup de questions et un institut pour y répondre

La soirée du 2 mars a ainsi permis aux participants de souligner l’importance du défi posé. Souhaitant le relever, la HEIG-VD, via son Département de l’Environnement Construit et Géoinformation (EC+G), a ainsi progressivement réorganisé les activités de recherche dans les domaines du développement territorial, de la mobilité et de la construction pour constituer l’institut d’ingénierie du territoire – insit – anciennement dénommé Géomatique, Gestion de l’Environnement, Construction et surveillance d’ouvrages (G2C). L’institut insit s’articule désormais autour de trois axes principaux, à savoir la géomatique, le génie civil, ainsi que la planification et l’environnement. Le bénéfice de cette réorganisation réside cependant surtout dans la transversalité de l’institut, permettant de couvrir tous les aspects des projets de recherche appliqués au territoire.

Contact : Prof. Florent Joerin, directeur de l’institut insit

florent.joerin@heig-vd.ch



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Légende : De gauche à droite, M. Laurent Bonnard, M. Olivier Français, M. Alain Buogo, Mme Corinne Larrue et M. Florent Joerin.


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Légende : Mme Martha Liley, directrice du Centre Ra&D de la HEIG-VD.