Championnat du monde d'escrime

Voyage électrique à Plovdiv pour l'institut SIM !

Plovdiv. Deuxième ville de Bulgarie, l'une des plus vieilles cités d'Europe, connue pour abriter les Thraces il y a plus de 4000 ans. De nombreux vestiges de cette époque peuvent y être visités. Cette année une manche des championnats du monde junior d'escrime s'y est tenue. Des jeunes escrimeurs du monde entier sont venus se confronter les uns aux autres.

En marge de cette manifestation, un défi moins médiatisé a amené l’institut des Systèmes d’Information eMbarqués (SIM) à Plovdiv. Deux des entreprises yverdonnoises avec lesquelles l'institut collabore, à savoir TABRASCO SA et JDC Electronic SA, ont répondu à l’appel de la fédération internationale d'escrime. Elle souhaite pouvoir disposer d'une solution fiable et pratique pour supprimer le câble qui relie l'athlète au système de comptabilisation des points, sans modifier l'équipement existant, à savoir les armes et la tenue d’escrime.

Ce câble permet de faire transiter des courants électriques et, lorsque l'arme de l'un des athlètes touche la partie conductrice du vêtement de l'adversaire (le plastron), alors le circuit se ferme et laisse passer un courant électrique, détecté par le système de comptage.

Supprimer ce bout de fil par une transmission radio est un défi accessible pour l’institut et ses partenaires. Comme il n'est plus possible d'établir un courant, le fil étant supprimé, l’idée est de mettre une tension électrique sur l'arme de l'attaquant, tension que l'on mesurerait sur le plastron de l'adversaire. Cela présupposerait que les références de ces tensions soient les mêmes pour chacun. Hors chaque athlète porte des chaussures qui l'isolent de la terre, chacun est donc flottant électriquement, privé de référence électrique commune.

C'est la situation de l'oiseau qui se pose sur un fil électrique: le fil peut être à 100kV, l'oiseau ne se fait pas électrocuter pour autant, alors que son corps est bien à 100kV par rapport à la terre. Par contre, s’il touchait en même temps un autre des fils électriques de la ligne ou le sol, qui est considéré comme la référence à 0V, il serait instantanément électrocuté.

En escrime, d’un point de vue détection, une fois que le fil est remplacé par une tension électrique dont la référence est le corps de l'athlète et, pour la transmission, par un système radio, lorsque la pointe de l'arme de l'un touche le plastron de l'autre, ces deux parties se retrouvent à un même potentiel du fait qu'ils sont libres de toute référence commune. Ainsi la mesure est impossible.

Alors comment procéder ?

Dire que la référence est inexistante n'est pas tout à fait exact. L'isolation par la chaussure n'est pas parfaite, et l'air n'est pas totalement isolant. C'est en exploitant ces faibles moyens qu'un système électrique peut être développé pour réaliser la tâche demandée… 

A l’heure actuelle, les résultats sont très concluants mais il reste de nombreux tests à effectuer pour assurer une détection sans faute malgré une vitesse de frappe fulgurante.

Affaire à suivre !