Publié le 18.05.2026
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Lors de l’Innovation CRUNCH Time 2026 à la HEIG-VD, Romande Energie a confié pour la 5ème année consécutive un défi à une équipe d’étudiant·es :

Comment pourrions-nous valoriser la flexibilité (stockage, pilotage PV, usages électriques dont EV) pour améliorer la résilience économique des contrats photovoltaïques en Suisse, malgré la volatilité des revenus et l’évolution réglementaire ? 

Dans un contexte de transition énergétique, la baisse du prix de reprise de l’électricité injectée sur le réseau met sous pression les modèles économiques des installations solaires. Un enjeu loin d’être théorique. 

Une problématique complexe… volontairement 

Pauline et Ricardo, économistes d’entreprise, Alix, étudiante en énergie et techniques environnementales, Hélder, ingénieur des médias et Meven et Romain, étudiants en génie électrique s’élancent le lundimatin sur la problémtaique confiée par Romande Energie. Dès les premiers échanges, la complexité du sujet se fait ressentir. 

« En lisant le sujet, je ne comprenais pas vraiment ce qu’on attendait de nous. » indique Ricardo, étudiant en économie d’entreprise. 

Côté Romande Energie : « La problématique était extrêmement complexe… même pour moi. » confirme Philippe Landry, porteur du sujet CRUNCH et product Manager chez Romande Energie.  

Mais c’est précisément là que réside l’intérêt du CRUNCH : confronter des profils variés à une problématique réelle, ouverte et sans solution prédéfinie. 

De la confusion à la compréhension collective 

La première journée est consacrée à une étape souvent sous-estimée : reformuler le problème. Plutôt que de chercher des solutions trop vite, l’équipe ralentit. Elle reformule, questionne, déconstruit. 

« On a pris toute la journée pour comprendre et reformuler le sujet. » Alix, étudiante en Energie et techniques environnementales.  

Ce travail d’appropriation est essentiel. Il permet à une équipe composée d’ingénieur·es et d’économistes de construire un langage commun. Très vite, une dynamique collective s’installe : 

« C’était un vrai travail d’équipe. On s’est parlé tous les jours. » ajoute Philippe Landry 

Le résultat : une reformulation claire et cadrée des enjeux, accompagnée d’un alignement solide avec Romande Energie. Une base essentielle pour atteindre l’objectif fixé : Comment optimiser l’autoconsommation et assurer la valorisation du surplus d’électricité issu des installations photovoltaïques de Romande Energie dans ses contrats de contracting B2B afin de garantir leur rentabilité ?  

Explorer, diverger… puis converger 

À partir du mardi, l’équipe entre dans une phase d’exploration intensive. Après de nombreuses idées générées issues de perspectives très différentes, 3 pistes principales émergent. 

« Chacun apportait ses idées selon son domaine, puis on a sélectionné les plus pertinentes. » indique Ricardo, étudiant en économie d’entreprise.    

Parmi elles :  

  • Le partage d’énergie entre entreprises (communautés énergétiques) 
  • Le stockage via batteries ou véhicules électriques 
  • Le stockage thermique innovant 

C’est cette dernière qui retient l’attention. 

Le déclic : et si on stockait… du froid ? 

L’idée paraît simple, presque évidente après coup : utiliser le surplus d’électricité solaire pour produire du froid, le stocker et le réutiliser plus tard. 

Mais derrière cette simplicité se cache une innovation : l’utilisation de matériaux à changement de phase (PCM) capables de stocker l’énergie sous forme thermique. 

Concrètement : 

  • produire du froid lorsque l’énergie est abondante 
  • le stocker dans des matériaux spécifiques 
  • le réutiliser lorsque la demande énergétique augmente 

« C’est une vraie innovation. Même moi, je n’avais jamais vu cette mise en pratique. » indique Philippe Landry. 

Du point de vue technique, l’approche se distingue des solutions classiques. Toujours d’après Philippe : « Ce n’est pas nouveau de stocker… mais là, ils le font de manière non conventionnelle, avec un vraipotentiel. » 

Pour le prof-coach, Julien Ropp, Adjoint scientifique au sein de l’Institut des Energies de la HEIG-VD, le potentiel est clair : « C’est un des projets où l’on perçoit l’émergence d’une idée particulièrementprometteuse et nouvelle. » 

Une idée… mais surtout une solution crédible 

Ce qui distingue cette proposition, ce n’est pas seulement son originalité. C’est sa crédibilité. 

Les étudiant·es montrent que : 

  • la technologie existe déjà, même si elle reste peu diffusée 
  • elle peut atteindre des performances élevées 
  • elle ouvre la voie à des gains significatifs 

Dans certains cas d’usage, jusqu’à 45 % d’économies d’énergie et une réduction importante des émissions CO₂. 

Une solution pensée pour le terrain 

Loin d’un concept abstrait, l’équipe construit une véritable proposition de valeur qui permet de : 

  • valoriser un surplus aujourd’hui peu rentable, 
  • réduire les coûts énergétiques, et 
  • adapter la solution aux contrats existants. 

Avec des applications concrètes : 

  • entrepôts frigorifiques 
  • data centers 
  • industries agroalimentaires 
  • secteur pharmaceutique  

Une semaine, et déjà une vision long terme 

En quelques jours, l’équipe ne se limite pas à une idée. 

Elle dessine une trajectoire : 

  1. tester sur quelques sites pilotes 
  1. étendre progressivement 
  1. intégrer la solution dans les offres existantes 
  1. viser une adoption à grande échelle 

Ce que l’entreprise en retire, au-delà de la solution 

Contrairement à une approche classique, l’objectif n’est pas de produire une solution immédiatement exploitable. 

« Ce n’est pas une solution qu’on va lancer demain… mais ça ouvre des pistes de réflexion. » indique Philippe Landry. 

Les bénéfices sont ailleurs : 

  1. Un regard externe : « Un œil neuf, non biaisé par nos contraintes internes. »
  2. 2. De nouvelles pistes d’innovation : « Ça m’a donné d’autres idées d’exploration. »
  3. 3. Une richesse d’échanges : « Ce qu’on en retire, c’est avant tout la richesse des échanges. »
  4. 4. Un lien avec les talents de demain : « On s’est connectés avec les étudiants… certains s’intéressent à des carrières chez nous. »

Une expérience qui transforme aussi les étudiant·es 

Pour les participant·es, l’apprentissage dépasse largement le cadre académique. 

« Ça change complètement des cours. On travaille sur un vrai problème. On apprend à collaborer avec des profils très différents. » s’enthousiame Hélder, étudiant en ingénierie des médias.  

Cette immersion dans un contexte réel permet de développer : 

  • la capacité à naviguer dans la complexité 
  • l’intelligence collective 
  • la pensée critique 
  • l’orientation solution 

Le rôle clé du coach : guider sans imposer 

Tout au long de la semaine, le prof-coach, Julien Ropp, accompagne l’équipe. Son rôle n’est pas d’apporter des réponses, mais de structurer la démarche. 

« Il nous aidait à avancer sans jamais faire le travail à notre place. » indique Alix étudiante en énergie et techniques environmentales. 

Cette posture permet aux étudiant·es de rester pleinement acteurs du processus d’innovation. 

En une semaine, une équipe d’étudiant·es est passée d’un problème complexe et flou à une solution innovante et structurée. Mais surtout, elle a permis à l’entreprise de : 

  • questionner ses modèles 
  • explorer de nouvelles pistes 
  • s’ouvrir à d’autres façons de penser 

Et peut-être que c’est là, le véritable impact du CRUNCH. 

Le CRUNCH en bref 

L'Innovation CRUNCH Time est une semaine d’innovation intensive où les 300+ étudiant·es ingénieur·es et économistes d’entreprise de la HEIG-VD sont regroupés en équipes interdisciplinaires pour relever desdéfis concrets proposés par 50 à 60 organisations partenaires privées et publiques chaque année, afin d’y apporter des solutions innovantes. Le CRUNCH 2027 aura lieu du 8 au 12 mars.

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