Publié le 03.09.2026
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« Imaginer qu'on puisse convaincre un électron de faire ce qu'on veut, c'est presque de la magie. »

Contribuer au développement d'un drone de recherche pour la REGA, participer à une mission de l'Agence spatiale européenne (ESA) ou concevoir une technologie utilisée lors de la retransmission de grands événements sportifs : les projets d'Alberto Dassatti ont un point commun. Tous reposent sur des systèmes embarqués capables de fonctionner de manière fiable dans des environnements exigeants.

Professeur HES et directeur de l'institut REDS (Institut Reconfigurable and Embedded Digital Systems) à la HEIG-VD, Alberto Dassatti consacre ses recherches aux systèmes embarqués, aux transmissions radio, aux technologies spatiales et au traitement numérique du signal. Des domaines souvent invisibles pour le grand public, mais essentiels à de nombreuses technologies du quotidien.

Une curiosité qui guide un parcours

Originaire d'Italie, Alberto Dassatti rejoint la HEIG-VD il y a plus de treize ans, lorsque l'institut REDS recherche un nouveau collaborateur.

« Mes collègues ont eu le courage de choisir quelqu'un qui ne parlait pas un mot de français. Les treize années qui ont suivi ont filé à toute allure. Une succession de projets passionnants, des générations d'étudiant·es brillant·es et une équipe formidable. Quelle chance ! »

Ce qui l'anime depuis toujours ? Comprendre comment fonctionnent les choses. Cette curiosité l'a conduit à travailler sur des technologies qui trouvent aujourd'hui des applications dans les secours, les télécommunications, le spatial ou encore les infrastructures critiques.

Quand la recherche accompagne les secours

Parmi les collaborations qui l'ont le plus marqué figure celle menée avec la REGA autour du développement d'un drone de recherche.

L'objectif est d'aider les équipes de secours à explorer rapidement des zones difficiles d'accès et à améliorer l'efficacité des opérations. Pour y parvenir, les systèmes embarqués doivent assurer des communications fiables et traiter les données en temps réel, même dans des conditions particulièrement exigeantes.

Pour Alberto Dassatti, ce type de projet illustre parfaitement ce que peut apporter la recherche appliquée : mettre l'expertise scientifique au service d'un besoin concret.

Explorer une comète encore jamais observée

Autre défi, autre environnement : l'espace.

Avec son équipe, Alberto Dassatti participe au projet CoCa (Comet Camera), l'un des instruments scientifiques de la mission Comet Interceptor de l'ESA. L'ambition est inédite : envoyer trois engins spatiaux à la rencontre d'une comète — ou d'un objet interstellaire — encore jamais observé, afin de mieux comprendre les origines du système solaire.

Le rôle du REDS ne consiste pas à concevoir la caméra, mais à développer et tester le code embarqué qui pilote certains de ses composants essentiels, notamment la roue à filtres et le système de contrôle thermique. Ce logiciel devra démontrer une fiabilité totale avant le lancement de la mission, car une fois dans l'espace, aucune intervention ne sera possible.

« Ce n'est pas la première fois que nous travaillons dans le domaine spatial, mais c'est la première mission aussi ambitieuse à laquelle nous participons. »

Des stades olympiques aux sommets alpins

Les recherches d'Alberto Dassatti trouvent aussi des applications beaucoup plus proches de notre quotidien.

Dans le cadre du projet TO2020, l'institut REDS a développé une nouvelle technologie de transmission radio destinée aux caméras professionnelles utilisées lors des retransmissions télévisées. Avec l'arrivée de la vidéo Ultra HD, les besoins en débit ont fortement augmenté, sans que la qualité ou la latence puissent être compromises.

Les équipes ont ainsi travaillé sur une modulation radio plus robuste, capable de transmettre simultanément des flux vidéo, audio et de données dans des environnements particulièrement complexes. Ces travaux ont contribué au développement d'une nouvelle génération de systèmes déployés notamment lors des Jeux olympiques de Tokyo, puis utilisés sur d'autres événements internationaux, comme le Tour de France.

Pour le ou la téléspectateur·trice, quelques secondes d'images fluides paraissent naturelles. Pour les ingénieur·es, elles sont le résultat de plusieurs années de recherche.

Un enjeu de plus en plus stratégique : la fiabilité du GPS

Ces travaux sur la robustesse des transmissions rejoignent une préoccupation plus large qui occupe aujourd'hui Alberto Dassatti : la résilience des systèmes de navigation par satellite.

« Nous dépendons énormément d'une synchronisation précise, sans toujours nous en rendre compte. Pourtant, les systèmes mondiaux de navigation par satellite restent relativement faciles à brouiller ou à falsifier. »

Télécommunications, transports, réseaux énergétiques ou services numériques : de nombreuses infrastructures reposent sur ces technologies. Renforcer leur résilience constitue donc un enjeu stratégique pour les années à venir.

Enseigner à partir du terrain

Pour Alberto Dassatti, il n'existe pas de frontière entre la recherche et l'enseignement.

Les exemples qu'il partage avec ses étudiant·es sont directement issus des projets menés avec les entreprises et les partenaires institutionnels. À l'inverse, leurs questions l'amènent souvent à approfondir certains sujets.

« Savoir et expliquer sont deux choses différentes. Les étudiant·es sont toujours capables de poser la question qui nous pousse à approfondir nos propres connaissances. »

Cette interaction permanente nourrit sa conviction : les meilleurs projets naissent lorsque la recherche, l'enseignement et le terrain avancent ensemble. Et si les technologies évoluent aujourd'hui à un rythme sans précédent, Alberto Dassatti reste animé par la même passion : comprendre comment fonctionnent les choses qui nous entourent. Car sans cette compréhension, la technologie risque de ne plus rester durablement à notre service.

En apprendre plus sur les projets de l'institut REDS ici !

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